Lutter contre le changement climatique passe par l’assiette

Tous les indicateurs le prouvent : la fonte des glaces est tous les jours un peu plus visible, les océans se réchauffent, le niveau de la mer monte et les catastrophes naturelles se déchaînent. Le réchauffement climatique s’accélère. Un constat effrayant qui nous fait nous demander ce que nous pouvons faire à notre niveau pour inverser ou du moins ralentir ce processus qui semble inexorable. Et si la solution passait par notre assiette ?

pierre calleja et climat

Consommer moins et mieux : une évidence

La principale source d’émissions de CO2 sur la planète n’est pas liée à l’industrie du transport. Non, elle provient majoritairement de la consommation de viande et surtout de l’élevage. À elle seule, cette industrie serait responsable de 15 % des émissions à effet de serre sur la planète.

Pourquoi et comment l’élevage d’animaux peut être plus polluant que des avions ou des voitures ? Plusieurs raisons l’expliquent.

L’élevage industriel demande des terres agricoles pour pouvoir cultiver du soja et nourrir du bétail. Face à une demande toujours plus forte, ces terres agricoles ne cessent de s’étendre et causent une déforestation à l’échelle mondiale. Il y a donc de moins en moins d’arbres et de végétaux pour absorber le CO2 dans l’atmosphère.

L’utilisation massive d’eau douce pose aussi problème dans l’élevage intensif. Il faut irriguer ces nombreux hectares de terres agricoles. Pour vous donner un ordre d’idée, la production d’un kilogramme de bœuf émet 27 kg de CO2 dans l’atmosphère et demande près de 13.500 litres d’eau. Des chiffres qui remettent en perspective, notre consommation de viande.

Pourquoi ne pas se concentrer sur le poisson ? Le poisson est un aliment de base pour de nombreuses personnes. L’européen moyen consommerait près de 20 kg de poisson par an. Une demande grandissante qui ferait pression sur des espèces en particulier comme le cabillaud, le saumon et les crevettes. Une pression qui menace ses espèces de disparaitre. Surexploitées, les stocks n’ont pas le temps de se refaire.

Faire les bons choix et diversifier son alimentation

Aussi effrayant que puisse paraître ce constat sur le réchauffement climatique et l’amenuisement de nos ressources naturelles, avec des gestes simples vous pourrez réduire votre empreinte carbone. Alors comment contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, protéger la planète et notre futur approvisionnement alimentaire depuis votre cuisine ? Une simple diminution de la part de la viande et de poisson dans l’alimentation permettrait d’endiguer ce phénomène.

Une étude récente de la Oxford Martin School avait conclu que l’adoption massive d’un régime végétarien au niveau mondial réduirait des deux tiers les émissions de CO2 liées à l’alimentation.

Vous n’avez pas envie de devenir végétarien du jour au lendemain, alors il est important de repenser vos habitudes alimentaires. Consommez des produits locaux et issus de l’agriculture biologique, faites attention aux labels, et surtout réduisez votre consommation de viande et de poisson. Pour résumer, passez à un régime flexitarien.

Il existe bon nombre de substituts végétariens plus vrais que nature aujourd’hui : burger, nugget, boulette de viande végétale… Vous avez surement du y goûter.

Mais si vous êtes friand de saveurs marines, sachez qu’il existe aussi désormais des alternatives saines et durables pour le poisson. Odontella, une entreprise française, est la première à développer des aliments à base de microalgues.

L’idée est née sous l’impulsion du docteur Pierre Calleja, biologiste marin et précurseur dans l’aquaculture. Après avoir étudié les microalgues marines pendant près de trente ans, il a su détecter leur grand potentiel pour l’alimentation. Riches en nutriments, protéines et antioxydants, ces microorganismes offrent une multitude de possibilités culinaires.

La société a déjà commercialisé le Solmon, un saumon fumé végétal bluffant. Et ils ne comptent pas s’arrêter là. Pour Pierre Calleja, fondateur de l’entreprise, ce n’est qu’un début et il pense déjà à développer toute une gamme d’alternatives végétales de produits de la mer.

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