Le futur ne se fera pas sans révolution alimentaire

Si nous opérions un changement de nos habitudes alimentaires à une échelle mondiale en basculant d’une alimentation qui repose sur la viande et le poisson à un régime alimentaire riche en légumes, fruits et autres aliments végétaux, nous pourrions sauver jusqu’à 8 millions de vies par an et réduire de deux tiers les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation. Un tel changement permettrait également d’économiser des milliards d’euros en réduisant les coûts liés à la santé et au changement climatique.

Vous n’y croyez pas ? Et pourtant, il s’agit bien là des conclusions d’une importante étude publiée dans les travaux de l’Académie nationale des sciences américaine datée de mars 2016.

Crédit : https://www.pnas.org/content/early/2016/03/16/1523119113/tab-article-info

Quatre avenirs différents basés sur nos choix alimentaires

Les chercheurs ont examiné les impacts environnementaux, sanitaires et économiques de diverses filières alimentaires. Ils ont ensuite modélisé quatre scénarios différents pour l’année 2050

  1. Un scénario de « maintien du statu quo » basé sur des projections de régimes alimentaires futurs. 
  2. Un scénario basé sur les recommandations alimentaires mondiales, qui prévoit de respecter le niveau minimum suggéré de fruits et légumes, et de limiter la quantité de viande rouge, de sucre et de calories totales. 
  3. Un scénario végétarien, conforme aux recommandations alimentaires. 
  4. Et enfin un scénario végétalien, qui est également conforme aux directives alimentaires.

Ils sont arrivés à la conclusion suivante :  par rapport au scénario numéro 1, sans changement, la transition vers des régimes alimentaires plus végétaux pourrait réduire la mortalité mondiale de 6 à 10 % et les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation jusqu’à 70 %.

Ils ont également constaté que le scénario numéro 2, dans lequel des lignes directrices alimentaires mondiales ont été adoptées, pourrait prévenir 5,1 millions de décès par an.

Lorsque les gens suivent les recommandations alimentaires et deviennent végétariens, les chercheurs ont constaté que 7,3 millions de décès pourraient être évités chaque année. 

Enfin une ligne directrice suivant la voie du véganisme pourrait prévenir jusqu’à 8,1 millions de décès par an.

Environ la moitié des décès évités étaient dus à une réduction de la consommation de viande rouge. Alors que l’autre moitié était due à une consommation de plus de fruits et légumes, combinée à une réduction des calories totales, ce qui permettrait de réduire le nombre de personnes en surpoids ou atteints d’obésité.

Sans parler des économies financières que les chercheurs ont calculé qui étaient tout simplement stupéfiantes. Les modèles mis au point par cette équipe de chercheurs ont montré que des changements de nos habitudes alimentaires pouvaient entraîner d’énormes économies en matière de santé et de réduction des dommages causés par le changement climatique (catastrophes naturelles, réfugiés climatiques).

Comment faire la transition ?

Bien sûr une transition globale vers ces modèles n’est pas à l’heure actuelle envisageable. Mais elle nous laisse entrevoir un futur possible et optimiste. Si et seulement si nous changeons nos habitudes alimentaires. Il est indispensable de réduire notre consommation de protéines animales pour voir ses prédictions devenir une réalité ou du moins pour inverser le processus de réchauffement climatique. 

L’élevage industriel est responsable dans la grande majorité des gaz à effet de serre. Les ressources marines sont presque épuisées face à une surexploitation constante. Une révolution alimentaire est primordiale pour notre survie. 

Mais comment repenser nos habitudes quand elles sont si profondément ancrées ? En commençant petit à petit. Commencez par réduire vos portions. Instaurez un jour sans protéine animale et surtout recherchez des alternatives saines. 

Il existe aujourd’hui de nombreuses entreprises qui proposent des options véganes (steak végétal, fromage végétarien…). Pour le moment, peu sont celles qui proposent des alternatives entièrement naturelles et surtout saines. 

Le changement est en marche

Cependant c’est le cas d’une entreprise française qui a réussi à développer des alternatives végétales développées  à base de microalgues et algues marines. Odontella a été créée en 2016 par le Docteur Pierre Calleja, passionné de biologie marine et chercheur en aquaculture. Il s’agit de la première microalgue marine autorisée pour la nutrition humaine. Une avancée incroyable, car ce micro-organisme bourré de nutriments, pourrait bien être le futur de notre alimentation. 

Pour le docteur Pierre Calleja, il s’agit de l’alternative évidente aux protéines animales car cette microalgue apporte protéines, acide gras, antioxydants, et minéraux en grande quantité. Odontella a pour vocation de créer une large gamme de substituts végétaux aux produits de la mer. Son premier essai, le Solmon® est déjà un succès : De délicieuses tranches végétales marines, délicatement fumées au bois de hêtre, imitant de très près  le goût et la texture d’un saumon  fumé traditionnel. L’entreprise ne compte pas s’arrêter là car les microalgues offrent une multitude de possibilités et prévoit déjà de diversifier son offre d’alimentation durable.  

Laisser un commentaire